Séminaire 9- UIR WebScience- 24/11/2011

 

Présents : Stephane Bazan, Christophe Varin, Yves Gonzalez-Quijano, Addis Tesfa, Lorraine Etienne, Waddad Wazen, Sofia ElAmine, Manon Blanc, Sabrine Saad, Dunia Achcar, Claude Rahme, Fatima Hattab.

Nous avons commencé par une heure de séminaire fermé de l’équipe, puis nous sommes passé à un séminaire fermé avec comme invité Yves Gonzalez-Quijano qui nous a fait une présentation sur les origines numériques du Printemps arabes.

  1. Explication du “Call for Papers WebSc’12 

Stephane Bazan a présenté les dates de soumissions , les différents formats de soumissions et les  différents sujets pour la conférence la 4th ACM Web Science Conference (WebSci’12) qui se tiendra du 22 au 24 juin 2012, Northwestern University, Evanston, Illinois.

Les dates limites sont: 

February 12: Submissions of papers and notes due

February 26: Submissions of extended abstracts due

March 31: Notification of acceptance

April 29: Final versions of papers, notes, and extended abstracts due

June 22-24: Web Science 2011 Conference,Evanston,Illinois,USA

Pour les formats, la Note de Recherche est la plus abordable concernant nos présentations à la conférence.

Date pour rendre une première version à Stephane Bazan : Le 1 février

le Website pour consulter plus de détails est: http://www.websci12.org

     2. Projets de Recherche

Sabrine Saad et Addis Tesfa

Sujet: Asymmetric Cyber-Warfare inNear East: The Web, a strategic Battlefield

Lorraine Etienne, Sofia ElAmine, Dunia Achcar, Manon Blanc

Sujet : The Specificities of “Infowar”in Syria in the context of the Arab Spring

Waddad Wazen :

Sujet : Description sémantique de ressources pédagogiques avec une ontologie

 

3.  Séminaire fermé : Présentation de Yves Gonzalez-Quijane

Les origines numériques du printemps arabe ! Et maintenant, on va où ?

1 – « printemps arabe », une expression discutable

-        est-ce bien une révolution ?

-        La comparaison avec les mouvements du printemps des peuples, ou encore du printemps de Prague, sont-elles justifiées (retour à l’idée d’un Occident qui montre la voie alors qu’on dit dans le même temps qu’il s’agit des premières « révolutions Web2 » !

-        difficile d’avoir des certitudes ! Malgré tout, bientôt un an après, la conviction qu’il y a un avant et un après des soulèvements populaires dans le monde arabe durant l’année 2011

2 – le printemps arabe, « révolution Web2 », internet, Twitter, Facebook, réseaux sociaux, etc. : une trouvaille journalistique peu convaincante sur le plan heuristique

-        pagaille manifeste dans les appellations, les analyses, les prétentions analytiques, etc. On mélange l’effet pour la cause, on associe sous un même nom des applications (Twitter, Facebook), des structures techno-sociales (réseaux sociaux), des états d’un système de communication (internet, web2), des totems (cf.intro. de  La société de l’information au Proche-Orient) en réalité

-        le plus souvent, des analyses sous un jour totalement favorable qui ne voient que le côté libérateur des technologies et ne prennent pas en compte la capacité des régimes à contre-attaquer, à parer,  ni même le fait que les situations et les usages peuvent être extrêmement différents

-        bien entendu un effet de mode, qui n’est pas sans aspects négatifs (les « bons Arabes » de la révolution ceux qui nous ressemblent, une sorte de « nouvel orientalisme », etc.)

-        un nouvel enchantement de la technique après toute sortes d’expériences pourtant décevantes (comme avec la révolution de l’imprimé en son temps, mais surtout comme avec les mass-médias : radio, télévisions) et même d’autres innovations techniques : photographie, cinéma…

3 – les TIC et les changements politiques, un cause nécessaire mais pas suffisante

-        des changements plus rapides et plus brutaux qu’on ne l’aurait pensé (y compris pour les acteurs du mouvement eux-mêmes)

-        sur la scène politique traditionnelle :

-        1) regénération des acteurs politiques (partis, accélération du processus de renouvellement générationnel, modalités communicationnelles)

-        2) élargissement de la scène politique à de nouvelles voix (journalistes politiques blogueurs/chroniqueurs, nouveaux acteurs de la « société civile »)

-        3) renouvellement de la scène politique par l’introduction de nouvelles thématiques (campagnes civiles en tous genres, toutes « tendances » politiques confondues d’ailleurs)

-        en dehors de la scène politique traditionnelle, ou « au-delà », le phénomène le plus nouveau et peut-être le plus décisif avec

-        1) de nouvelles formes de lutte politique au niveau des sensibilisations, informations, organisations, mobilisations,  contestations…

-        2) un nouvel espace de communication politique à la fois transgénérique (les différents supports numériques au temps de la convergence) et transnational.

→ on arrive à une conclusion relativement « sensée » sur le mode : « les TIC ne font pas les révolutions, mais les révolutions ne se font pas sans les TICs ». (Philip Howard : Digital Origins of Dictatorship and Democracy – “Clearly the internet and cell phones have not on their own caused a single democratic transition, but it is safe to conclude that today, no democratic transition is possible without information technologies.

4 – Les TIC font les “racines” des soulèvements auxquels nous assistons aujourd’hui dans le monde arabe.

-        passer d’une vision instrumentale à une conception environnementale des TIC et de leur action (Clay Shirky, The Political Power of Social Media) : on arrête de penser en “impact”, de compter les bits, et on s’attache à comprendre ce qu’on peut appeler la human agency, le “facteur humain”, où les conséquences des transformations rendues possibles par les TIC ne sont plus indexées à des grilles quantitatives mais soulignent au contraire l’effet disruptif des TIC dans la mesure où elles induisent des changements sur un mode à la fois itératif et incrémental

-        sortir de la scène étroitement politique pour mettre l’accent pas forcément sur la “société civile” mais en tout cas sur la “constitution d’un espace public d’échange et de dialogue construit autour de la notion d’intérêt général (maslah ‘âmma), telle qu’elle a été reconstruite par le Réformisme musulman. Cet espace public se caractérise par 1) l’élargissement des questions traitées et des acteurs 2) la remise en cause des cloisonnements sociaux verticaux au profit des relations horizontales (dans tous les domaines, pouvoir, mais aussi langue, sexe, famille, génération…)

-        poser l’hypothèse d’une nouvelle culture numérique, et même d’une nouvelle arabité numérique, qui sous-tend les changements auxquels on assiste aujourd’hui

-        1) nouvelle culture numérique, c’est la “culture” de la génération internet, digital natives, fils de la télé d’hier

-        2) nouvelle arabité numérique, c’est la résurgence d’une problématique régionale via les soulèvements actuels et le rôle que les TIC y jouent…

Et maintenant, on va où?

Signes positifs : on prend au sérieux le rôle social et politique des TIC, un progrès même s’il s’accompagne de phénomènes agaçants (“amateurs”) ou même négatifs (simplifications)

Une chance pour la Web Science, quelque chose qui n’est pas facile à définir, Une discipline des sciences sociales (au sens art martial) qui ne cherche pas seulement à appliquer au Web les techniques des sciences sociales mais qui tente d’intégrer à la démarche des sciences sociales les caractéristiques des TIC (pour qq’n venant de l’univers technique, la même phrase se dira : produire des TIC en intégrant dans la démarche les inputs des sciences sociales : l’esprit Apple ?)

La “chance” d’être en situation d’observation dans des circonstances exceptionnelles : ne serait-ce que sur la question de l’après et de la capacité des TIC à l’intégrer

Pour une fois, le positionnement dans la monde arabe n’est pas négatif, bien au contraire !

Un appel à une démarche qui soit “culturaliste”, non pas au sens traditionnel du terme (l’explication des faits par la culture du passé), mais dans un sens renouvelé, celui d’une nouvelle culture numérique en train de se construire…

On y va ensemble ! Comme dans le film de Labaki !!!

 

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