Séminaire 6 – UIR Web Science

Date : le 1 avril 2010, de 9h30 à 10h45 et de 11h45 à 13h.

Participants :

  • Stéphane BAZAN
  • Christophe VARIN
  • Mohamad HALIMI
  • Wadad WAZEN
  • Sabrine SAAD
  • Dounia ACHKAR
  • Rebecca AKIKI
  • Lorraine ETIENNE

Ordre du jour :

  1. Accueil
  2. Présentation du projet WSCD – Erasmus (SB)
  3. Intervention de sur les révoltes arabes (CV)
  4. Tour de table des chercheurs
  5. WebSci 11 à Koblenz – Bilan des soumissions et projets de déplacements (SB)
  6. La newsletter WS (LE)

1- Accueil

Stéphane Bazan a ouvert le séminaire en présentant les nouveaux membres de l’équipe :

  • Dunia Achkar est en troisième année de licence en Relations Internationales à l’USJ et travaille dans le cadre de l’Unité sur les débats « le Web et les révolutions arabes ».
  • Rebecca Akiki est également en troisième année de licence Relations Internationales et travaille sur l’histoire de l’Internet arabe à l’aide du dépouillement des journaux libanais An Nahar, Al Hayet et Al Safir.
  • Lorraine Etienne est en deuxième année de master en Relations Internationales, et est assistante de recherche à l’Unité Web Science. Elle est chargée de la mise en place de la Newsletter UIR Web Science et doit assister Stéphane Bazan dans le projet de Web Science Curriculum Development.

2- Présentation du projet WSCD – Erasmus

a) Le projet

Face au constat d’absence de curriculum unifié en Web Science, l’idée est lancée, lors de la conférence Web Science Trust de Southampton en 2006, de créer des formations, notamment un master en WS. Celui-ci doit refléter le caractère interdisciplinaire de la WS, et regrouper des cours en sciences informatiques et en sciences sociales. Il doit naitre de la coopération entre les universités de Théssalonique (Aristote), de Milan, de Koblenz, de Montpellier 2 et de Southampton, ainsi que l’USJ.

Michalis Vafopoulos a proposé catégorisation des matières (Web Science Subject Categorization) lors de la conférence de Southampton.

Celle-ci comporte de 6 dimensions :

  • Général,
  • Web history and methodology,
  • Teaching the web,
  • Web technologies,
  • Web data and analysis,
  • Web and society.

Le curriculum définitif sera rendu officiel lors du prochain sommet à Koblenz.

L’objectif du Web Science Curriculum est de définir clairement la Web Science. En effet, les négociations sont complexes entre les différentes spécialités. Entre les composants scientifiques et culturels de la web science, les traditions éducatives diffèrent. Or, il faut parvenir à un échange. Pour cela, la méthodologie employée est la mise en place d’un processus de construction commun de compréhension de la Web Science.

L’objectif final de ce processus est de concevoir un programme européen de master, et de dégager de nouveaux modèles d’ingénierie de conception de curriculum, basés sur le principe proposé par Tim Berners-Lee. La mise en place de ce master repose sur la collaboration entre les universités citées ci-dessus.

Ensuite, concevoir un répertoire de ressources pédagogiques numériques, grâce à la constitution d’un corpus de ressources (chacune évaluées, Peer Review).

Ce repertoire sera ensuite peu à peu ouvert à toute la communauté, c’est une approche bottom-up.

Le but final est de concevoir un programme européen de master et d’y dégager des niveaux de modèles d’ingénierie.

b) Les objectifs

  • Créer un répertoire de ressources pedoagogiques numeriques. Chacun contribuera à ce corpus et l’évaluera, selon la méthode de ‘peer review’
  • Établir un réseau de compétences interdisciplinaires en WS.
  • Définir une liste des cours et une méthode d’enseignement
  • Le projet s’inscrit dans le cadre du « long life Learning » ; il regroupera ainsi des professionnels
  • Le projet s’inscrit également dans le processus de Bologne

Il y a donc sept work packages pris en charge par les sept universités participantes : coordination du projet, design des cours, map of competencies, assurance de la qualité de l’enseignement, assessment de la qualité de l’implémentation sur place. L’USJ est chargée de cette dernière mission.

3- Les révoltes arabes : Quel a été le rôle du Web ?

Christophe Varin, responsable de cette intervention, part de trois hypothèses :

  • Le phénomène de révoltes actuelles a des racines anciennes, qui remontent bien avant décembre 2010. Ce phénomène a suivi le mécanisme de transformation et d’évolution des technologies et du Web.
  • Les productions concernant les liens entre nouvelles technologies et transformations de l’espace politique restent problématiques, et ce pour plusieurs raisons :
    • Il y a une volonté de rattraper le scepticisme à propos des effets sociaux des TIC. Cela amène certains à en faire trop.
    • Il reste à trouver un outil pour décrypter la place du Web dans le phénomène. Il faut repositionner le social dans l’étude des technologies.
    • Le processus n’est pas terminé et reste donc difficile à interpréter.
  • C’est ainsi l’occasion de compléter le curriculum WS à travers les événements actuels et la confrontation des disciplines qui en découle ; et ce, pas seulement en matière d’enseignement, mais aussi dans le domaine de la recherche.

Aujourd’hui, il y a encore possibilité d’innover en termes de recherche et de décryptage des mécanismes. C’est particulièrement vrai pour les sciences sociales et le Web : le Web est par nature social. On peut donc en faire une modélisation dans le champ du social, en partant des événements actuels. « La rue arabe est celle qui donne l’exemple ». Mais, dès qu’il est questions de technique, les sciences sociales se font prudentes. Or le Web n’est plus seulement technique : cf. Chris Anderson « The Web is Dead » et «notion de Complexité» d’Edgard Morin.

Il convient donc de revenir sur l’observation du phénomène dans une démarche purement WS. On assiste en partie à l’émancipation des contraintes politiques par l’usage des technologies. Cependant, il est plus adéquat de parler d’un « E-Moment » plutôt que d’une « E-Révolution ».

Il s’agit pour l’Unité Web Science d’informer et de produire un discours WS dans une démarche interdisciplinaire. Il faut également se forcer à une production plus théorique. L’ambition est de produire un outil théorique sur l’espace arabe (micro) pour le développer à une grande échelle (macro). Il pourra être critiqué lors du WOCMES 2013.

Ce qui s’est passé dans le Monde Arabe donne une légitimité à la WS. La WS constitue un nouveau champ de connaissance du Moyen-Orient. Nous sommes au moment de la fondation de la WS comme élément des sciences sociales.

Plusieurs problématiques doivent être posées :

  • Pourquoi ce qui était supportable pendant 30 ans ne l’est plus tout d’un coup ?
  • Quelle est la place de l’élément Web ?
  • Peut-on s’affranchir des autres facteurs d’explications ?
  • S’agit-il d’un élément déclencheur ou d’un élément de convergence ?

Références : Textes du blog d’Yves-Gonzales, et les thèses de Rheingold sur les foules intelligentes.

4- Tour de table des chercheurs

Dunia Achcar nous a expliqué l’état de ses recherches, et une mise au point a été faite quant aux nouvelles pistes qu’elle devra emprunter à la suite de l’intervention de Christophe Varin.

5- La newsletter WS

Lorraine Etienne a présenté la newsletter WB.

Cette newsletter s’adresse à un public qui ne connait pas la Web Science. Elle sera diffusée une fois par mois et permettra de faire connaitre la Web Science, le ciblage étant large, à l’USJ et hors-USJ.

Rubriques de la Newsletter :

  • Editorial (rédigé à tour de rôle par les membres de l’équipe WS)
  • Dossier (à dominante technique ou sociale selon les mois, en concordance avec l’interdisciplinarité qui caractérise la WS)
  • Actualité
  • Profil (acteurs et institutions de la WS, académiques et scienctifiques)

 

Le prochain séminaire aura lieu le 13 mai 2011, au CEMAM.

 

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